
Aucun autre scénario n'aurait pu nous procurer autant d'émotion que celui qui s'est déroulé les 24 et 25 mars 2007 sur les terrains stabilisés de Jouy-en Josas. Aucun autre dénouement n'aurait été capable de nous faire chavirer comme ce fut le cas ce week end.
Dimanche 25 mars 2007, vers 13h30, les neuf joueuses EFF et les quatre coachs présents ont vécu l'une des plus belles émotions sportives de leur vie. Ce dernier tir reimois repoussé par Elsa et cet ultime ballon propulsé dans les filets par Noémie, aucun d'entre eux ne l'oubliera, ces images resteront gravées à jamais dans leurs esprits. Un vrai moment de bonheur.
C'est sous une pluie glaciale que les onze joueuses EFF se sont retrouvées à 11h le samedi pour leur premier match du tournoi contre les Mines de Nantes. Un match dominé de bout en bout par l'EFF qui mène 4-0 au bout de 15 minutes sur des réalisations de Marion, Mélanie et Daphnée par deux fois. Les joueuses bleu-ciel se contentent ensuite de conserver le score et les coachs en profitent pour faire tourner l'effectif. Soulagé par cette entrée tonitruante dans la compétition, l'ESSEC part se réchauffer et se restaurer pour mieux aborder son prochain match programmé à 15h.
D'heures en heures, les conditions climatiques empirent et le terrain devient de moins en moins praticable. Les joueuses comme leurs entraîneurs sont frigorifiées mais la tension leur fait oublier cette gêne car le deuxième match de cette Copa Femina oppose l'ESSEC à son adversaire préférée, HEC. Une chose que l'on peut remarquer pour ce match en comparaison à son équivalent masculin est que, malgré la conscience de l'enjeu de part et d'autre, c'est une rencontre où règnent le bon esprit, le fair play et surtout l'amitié entre les filles. Mais avant tout, c'est une rencontre de très haut niveau, le FHF ayant offert une énorme prestation au premier match contre l'ESC Reims, les entraîneurs ESSEC sont conscients de jouer face à l'une des meilleures équipes du tournoi. Le match démarre finalement aux alentours de 15h30 et les deux équipes font jeu égal. Pourtant, très vite, c'est l'EFF qui se montre dangereuse mais ne parvient pas à concrétiser ses occasions. Mélanie tire même sur la barre, le premier d'une longue série de tirs sur les montants durant ce tournoi. Le score reste vierge et finit par se débloquer en seconde période lorsque, suite à une faute dans la surface d'HEC sur Daphnée, Marion transforme son pénalty et donne l'avantage à l'ESSEC. En quelques minutes, l'EFF double et même triple le score par l'intermédiaire de Marion et Mélanie. L'EFF remporte une belle victoire et est quasiment qualifiée pour sa demi-finale.
Le dernier match de la journée se joue à 17h30 contre l'ESC Reims. L'EFF se fait surprendre rapidement et par deux fois par les attaquantes rémoises avant de se reprendre et de ne plus être mise en danger le reste de la partie. Malheureusement, l'ESSEC concède une défaite qui sera la seule du tournoi. Les organisatrices nous informe de l'horaire de la demi-finale, celle-ci opposera le footfilles à HEC 2 à 11h, le lendemain. Le rendez-vous est pris.
Toute l'équipe se retrouve donc le lendemain avec l'envie d'en finir avec cette malédiction de la Copa qui avait voulu que l'EFF s'incline deux fois de suite en finale. Les joueuses ne sont plus que neuf ce jour mais elles réunissent à elles seules l'envie et la motivation de mille guerrières.
Après un échauffement sérieux sous un ciel plus clément que la veille, l'EFF est mise en difficulté par une équipe 2 du FHF révoltée. Face à la hargne d'HEC, c'est finalement Marion qui, une fois de plus, fait la différence et inscrit le premier but de la rencontre. Entre volonté d'aller de l'avant et gestion du score, les footeuses d'ambiance essaient de régler leur jeu en deuxième mi-temps et creusent l'écart par Marion qui réussit le doublé. L'EFF se qualifie pour la troisième fois d'affilée pour la finale de la Copa Femina. De son côté, l'ESC Reims se qualifie aux pénaltys contre l'ESC Rouen après un match qui s'est conclu par un score de parité (2-2) entre les deux équipes. La gardienne de Reims, surnommée Démon, est l'auteur d'une énorme prestation dans les cages. Il ne faudra pas tomber aux pénaltys contre elles.
25 mars 2007, 12h. L'EFF va jouer dans trente minutes et commence à s'échauffer. Plus que jamais, on voit les joueuses concentrées, elles parlent du match, des années précédentes, elles refusent l'idée même de la défaite. Elles sont là pour gagner, elles sont là pour faire la guerre. Les entraîneurs le voient, ces filles, leurs joueuses, donneront tout.
25 mars 2007, 12h30. L'arbitre donne le début du match et l'ESSEC joue à domicile, soutenu par HEC et Rouen. La rencontre démarre donc au son des "Tous ensemble, tous ensemble, ESSEC!". Pourtant, subitement, le silence se fait, Elsa vient de laisser passer un ballon anodin derrière sa ligne et ce cuir qui vient mourir dans les filets bleu-ciel sonne le départ d'une course-poursuite infernale après le score. Personne ne peut croire que l'EFF va encore devoir s'incliner en finale de la Copa Femina.
Héroïques, les joueuses cergyssoises se ruent alors à l'attaque et anéantissent toutes les offensives adverses. Cette demi-action qui a offert un but à Reims sera la seule de la partie pour cette équipe. L'EFF est au-dessus du lot, tous les spectateurs le savent et l'observent mais l'EFF ne marque pas. A la mi-temps, le score est resté inchangé et les coachs cherchent les mots qui sauront relancer la machine EFF et lui faire remporter cette coupe qu'elle mérite tant. La gardienne rémoise est exceptionnelle et stoppe toutes les tentatives des attaquantes qui ne se découragent pas à l'image de Marion qui égalise enfin d'une frappe lointaine qui passe sous le ventre de Démon. A partir de ce moment, joueuses et entraîneurs EFF savent q'uils gagneront, la différence de niveau est trop importante. Leur seule crainte, les pénaltys.
Et cette crainte croît à mesure que le temps passe et que les tirs sur les poteaux se succèdent. En effet, les joueuses bleu-ciel touchent quatre fois les montants rémois, notamment sur un pénalty de Daphnée suite à une main d'une défenseuse dans sa surface. Après 70 minutes passées sur le terrain dont deux prolongations, l'arbitre siffle le coup de sifflet final synonime de tirs au but.
Les nerfs sont à vif, l'ESSEC ne peut pas perdre, ses joueuses ne le méritent pas, elles ont tout donné. On voit l'épuisement poindre sur leurs visages, la peur tenter de s'y installer. Daphnée, qui revoit en boucle son pénalty sur le poteau s'effondre en larme avant le début de la séance. Les entraîneurs insistent sur les paroles qu'ils avaient prononcées avant le match: c'est avec la tête, le coeur et les tripes qu'une finale se gagne. L'ordre des tireuses est donné. Elsa écoute les conseils des coachs. Reims tire en premier
La première frappe est imparable, but. A Marion de se lancer..... But! Un boulet de canon dans la lucarne. Le premier est souvent le plus important, Marion, son expérience et son talent mettent toute son équipe sur les bons rails.
Deuxième frappe à raz de terre pour Reims, but. A Mélanie d'égaliser. Elle qui nous a régalé pendant cinq matches sur son côté droit, elle qui a raté la dernière édition du tournoi au dernier moment et a failli renouveler l'expérience cette année, cette Mélanie ne peut pas nous décevoir. Elle prend son élan, tire.. But!
Troisième tireuse rémoise, Elsa bouge sur sa ligne, lance des regards assassins à son adversaire qui s'élance, frappe; Elsa s'interpose. On entend les cris de joie des supporters, il faut désormais transformer l'essai. Et c'est à Daphnée que cette tâche incombe. Sans nul doute, elle n'a que son pénalty manqué en tête mais, marque des championnes, elle marque d'un tir puissant et précis. Pour la première fois du match, l'ESSEC prend l'avantage.
Quatrième tir pour Reims, la frappe semble ratée, poteau rentrant, but. Elsa sort de ses cages pour tirer son pénalty et redonner l'avantage à son équipe. La course d'élan est prise face au ballon, et la frappe passe de peu à côté. Les deux équipes sont de nouveau à égalité. La crainte revient. Elsa sait que c'est désormais à elle de faire gagner son équipe, elle n'en a plus le choix.
Cinquième et peut-être dernier tir. La tension est à son comble. La reimoise tire, Elsa l'arrête! L'EFF n'a jamais été si proche du Graal. Si Nika marque, l'EFF sera championne de France. Malheureusement, la gardienne adverse s'empare de la balle. Les supporters, les joueuses, les coachs qui s'apprêtaient à s'extasier reviennent à la réalité. Les deux équipes sont de nouveau à égalité et c'est désormais la mort subite. La première équipe qui prendra l'avantage l'emportera.
Sixième tir pour Reims, c'est désormais Elsa qui a l'ascendant psychologique sur les tireuses après ses deux arrêts. La sixième tireuse vient d'être sélectionnée, elle n'est pas préparée mentalement à tirer. Elle pose son ballon, l'arbitre siffle, elle s'élance, tire. Il n'y a pas but, la gardienne EFF l'a arrêtée! Pour la deuxième fois, si l'EFF marque, l'EFF gagne. Mais qui pour tirer? Qui pour marquer? Les coachs désignent Béné qui, prise de panique, refuse et on la comprend. La pression est tellement forte à cet instant. Qui voudrait s'y risquer? Et là, une voix s'élève dans le tumulte: "moi, je vais le tirer". Sans hésiter, les entraîneurs acquiescent. Noémie a la victoire au bout du pied. Elle dépose son ballon sur le point de pénalty, recule et s'arrête. Tout s'arrête. Les souffles se coupent, on n'entend plus que le vent, les regards sont fixés sur elle. Elle court vers la balle, la frappe et la propulse en pleine lucarne. Le tir est imparable, Noémie n'y croit pas. Les dizaines de spectateurs, les joueuses, les entraîneurs courent dans tous les sens, c'est l'euphorie. Du bonheur tout simplement. Ca y est, au bout du suspens, elles ont remporté cette coupe qui manquait à leur palmarès. Elles ont vaincu leurs vieux démons.
L'EFF a écrit ce jour l'une des plus belles pages de son histoire, l'EFF est championne de France 2007 et pour toujours.
Par Fabrice
