ESIEE 0 - 4 ESSEC FC, en route vers Dauphine
vendredi 30 novembre 2007
D’entrée de game, les Blancs montrent à quel point ils sont fiers de porter ce maillot et de tout donner pour ceux qui n’ont pas la chance d’être là ; ils savent que leurs coéquipiers des quatre coins du monde sont avec eux par la pensée. Alors au coup de sifflet de l’arbitre, les pauvres joueurs bleus ont vu se déferler sur eux un véritable tsunami, une vague blanche de 11 Gattuso, prête à les ramener violemment sur leur rive. Et les Blancs ont tout de suite su obtenir le premier corner du match, grâce notamment au pressing de leurs deux attaquants Louis et Dai. En bon Capitaine, John s’en va alors enrouler sa frappe, tel un David Beckham gaucher. Les ESSEC avaient préparé à l’entrainement comment jouer cette phase de jeu au mouvement près, et les bleus semblent fébriles. Il s’en suit une tragédie en VIII actes : la balle s’en va tomber parfaitement au point de penalty, exactement comme Coach Jean-Mi l’avait indiqué à son meneur ; aucun joueur ne s’en saisit dans les airs malgré la retournée acrobatique de Jules à un demi cm du sol ; la balle retombe dans les pieds d’Antoine qui tente tant bien que mal de l’expédier au fond des filets, sans succès ; une jambe bleue l’en empêche ; cafouillage interminable ; frisson sur les deux bancs ; les racines epsciennes de Louis lui font prendre le dessus sur la défense bleue ; il distille une frappe pure de 0,75 mètres en terre sainte, en lançant le match de la plus belle des manières.
1 – 0 au bout de quelques secondes de jeu, c’est désormais le tarif pour les adversaires de l’EFC. C’est à ce moment là de la partie que notre cher Jean-Mi national déblatère sa première élucubration de génie : « Putain con, c’est quand même plus facile de commencer les matchs à 1 – 0 ! ». Effectivement, le grand sage avait vu juste. La première mi-temps a vu quelques assauts bleus, téléphonés par ci, brillamment mis à mal par là par une défense blanche intraitable cette après midi là encore. Notons tout de même une belle évolution dans le jeu de Jules, particulièrement marquée ce jour là : ce libéro hors norme ne cesse de montrer ses fesses à ses adversaires directs pour laisser filer le ballon soit en six metres, soit en touche. Comment comprendre l’efficacité d’un geste que ni le vénéré Beckenbauer ni le féroce Baresi ne maitrisent ? Peut être d’autres racines : celles de l’Epsci ? Non, ils les méprisent. Celles de l’ESSEC ? Non, il ne se reconnait pas comme tel. Celles du Foy’s ? NON NON NON, notre ami part en coma éthylique dès sa première gorgée de bière. Celles de la JE mesdames et messieurs. Oui, notre libéro travaille sa technique depuis maintenant 13 ans devant ses tableurs Excel et autres Power Point de 2853 slides. Mis à part Jules, la défense de l’EFC a prouvé une nouvelle fois son calme et son talent. Comme dirait Laurent Courbis (phrase empruntée à Luis Fernandez), Tibor a « littéralement bouffé jusqu’à la moelle » son vis-à-vis, le n°10, pourtant seul à pouvoir ne serait-ce que chatouiller le bloc défensif blanc. Que dire du bel Olague, si ce n’est qu’il a encore été tel un café mexicain, fort, robuste et corsé. Remis depuis 35 minutes de la soirée d’il y a trois jours, il avait décidé aujourd‘hui que son ailier gauche n’allait pas toucher le ballon. Il a notamment sauvé l’équipe d’une reprise de volée acrobatique défensive à la 36ème minute. La 17ème minute a vu, elle, le premier arrêt de Lawrence, qui a même du salir son beau maillot noir tout neuf dans la boue Noisy le Grand-ienne. Le portier blanc s’est étendu de ses 1,85 mètres pour 2 fois 56 kilos sur son coté droit, pour repousser la frappe du 11 bleu, que Jules avait juste oublié, perdu dans l’organisation de sa prochaine mission… Voilà pour la défense. Passons directement à notre ailier gauche préféré : j’ai nommé Jonathan Cherki ! Digne de lui-même, sur de son jeu, il est le seul à réaliser la célèbre feinte de Jay Jay Okocha dans nos 18 mètres !
La suite de la première mi-temps a été à sens unique. Les attaques blanches ont été nombreuses. Peut-être pourrait-on néanmoins regretter le manque d’efficacité de cette équipe solide certes, mais qui aurait du en mettre davantage au fond des filets. Nico loupe de peu le cadre sur une tête rageante au second poteau sur un corner (18ème), deux frappes de John finissent bien au chaud dans les bras du gardien de l’ESIEE (21ème et 28ème), Christophe tenta lui aussi sa chance à la 25ème, Louis, qui a beaucoup pesé sur la défense adverse par ses courses incessantes, a mal négocié son duel avec le portier adverse (33ème), Dai, enfin, n’a pas réussi à débloquer le compteur, malgré le bon centre de Clément (13ème), la passe en profondeur inspirée de Christophe (30ème), ou parfois à cause des mauvais services de ses milieux, comme Antoine à la 35ème minute. Mais les efforts de cette équipe solidaire ont été récompensés à la 39ème minute sur un énième corner finement tiré par John. Alors qu’Antoine plonge au premier poteau en embarquant deux défenseurs, Christophe dévie la balle. Puis votre serviteur rédacteur n’a malheureusement pas pu assister au reste de l’action. Dès lors, vous allez devoir attendre sa retransmission dimanche matin à Télé-foot pour avoir de plus amples informations ! Les Blancs ont ensuite déroulé jusqu’à la pause.
C’est alors que Jean-Mi, imperturbable, sans même laisser passer une once de satisfaction, rappelle à ses troupes que le match n’est pas terminé. La pause dura 8 minutes 30 : Jules avait déjà bu trois litres d’eau quand Nico et Antoine entamèrent leur deuxième Bière-Pong à coups de grands Raouts dignes d’une bonne vieille bouffe EFC ! Mais les joueurs demeurèrent sérieux et prêts à entamer la seconde période.
Celle-ci ressembla fortement à la première. Néanmoins, les Blancs entamèrent mal la deuxième partie de ce match. Il a fallu des sauvetages in extremis, héroïques même, d’un Nico bousculant trois attaquants adverses avant de dégager en touche (48ème) ou d’un Jonathan, qui a du se taper un sprint de 150 mètres pour revenir de son aile gauche et déjouer merveilleusement l’attaque bleue d’un tacle sorti du fond de sa boîte magique qui rappelle le grand Lizarazu de son époque pré-munichienne, lorsqu’il avait à ses côtés des certains Zizou, Dugarry et autres Witschge à Bordeaux. Et encore je ne vous reparle pas des fesses de Jules, mais elles ont encore fait fureur auprès des spectateurs venus de la centrale des homosexuels de Noisy Le Grand juste pour l’occasion !
Puis les Blancs ont rapidement pris le dessus, aidés notamment par la rentrée de Thomas, du sang frais qui a redonné du tonus à l’équipe. De nouveau, les tentatives blanches ont été multiples. Et rapidement, l’équipe de l’intouchable Jean-Michel Bessière, emmenée par l’inépuisable et expérimenté Jonathan Livescault, a réussi à se mettre définitivement à l’abri. Frustré de ne pas avoir pu marquer son 250ème but sous les couleurs de l’EFC, Dai est passé en seconde et a dévoilé aux pauvres ESIEE l’intégralité de son talent. Il y a dans cet individu l’élégance d’un cavalier, la précision d’un golfeur, la légèreté d’une danseuse étoile, l’adresse d’un acrobate, la spontanéité d’un magicien, la vitesse d’un sprinteur, la hargne d’un grimpeur et la folie d’un torero. Bien lancé sur la gauche, il a fait tourner en bourrique la défense de l’ESIEE, cassé trois reins, pour se démarquer et expédier une frappe nette et précise dans le petit filet du gardien. C’est que monsieur est polyvalent : on savait qu’il aimait ouvrir son pied droit pour déposer amoureusement le ballon à cet endroit précis, mais, cette après midi là, il a préféré le coup de pied du gauche (55ème). En un mot ? Bravo. Pas mieux.
Ce but redonna de l’élan aux Blancs qui harcelèrent l’équipe adverse. Solides derrière, les milieux ont récupérés beaucoup de ballons. Clément a démontré en trois axes l’efficacité des diagonales, sans faille. Enfin le mouvement offensif a permis à l’ESSEC de se créer beaucoup d’occasions. Clément commença par sortir une belle ogive 22 mètres au dessus des cages adverses (59ème). Serait-il fidèle à ses origines toulousaines ? C’est au tour de Christophe de mettre le feu à la défense bleue. Passements de jambe à l’appui, on a senti renaitre Marco Van Basten, et les joueurs bleus s’écroulèrent un par un. Une jolie frappe à la 63ème a rasé le montant droit du gardien bleu. Après une vilaine faute à l’entrée de la surface, John dépose minutieusement le ballon pour tirer un des coups francs dont il a le secret. Il saute le mur, mais le gardien ne s’est pas laissé faire par le rebond vicieux à l’entrée des six mètres (65ème). Notre capitaine a tiré plusieurs fois au but mais n’a pas réussi à trouver le bon tempo aujourd’hui. Mais la lucidité de Jean-Mi a tout de suite refait surface : « C’est pas grave, ta frappe, tu me la gardes pour gagner la semaine prochaine à la 92ème contre Dauphine. Mais j’aimerais plus de roulettes quand même ! ». Thomas a failli apporter le numéro 4 sur le panneau d’affichage en plexiglas avec sa frappe décroisée qui manqua le cadre d’un cheveu (68ème). Que dire des autres collègues ? Cette première partie de deuxième mi-temps s’est soldée par 69 passements de jambes de Nico Olague, 13 roulettes de Jo. Cherki et encore une démonstration de force du popotin de Jules !
Puis le coach a voulu sortir le grand jeu. Sur du potentiel de son effectif, il a voulu passer en mode « attack » (75ème). Un 3-4-3 classique se mit alors en place. Fabian rentra en jeu, légèrement affaibli par une légère blessure. Mais ne vous inquiétez pas mesdemoiselles, notre bel avocat sera bien présent sur le terrain jeudi prochain au Maradas. Mais c’est surtout la rentrée de notre gravure de mode préférée qui remua les foules. 28 ans qu’Olivier Santin attendait ce moment, mouiller une nouvelle fois le maillot de l’EFC. C’est désormais chose faite ! Et quelle rentrée ! « L’équation est simple : je rentre, je marque ! », m’avait-il sereinement glissé à l’oreille lorsque le quatrième arbitre vérifié la taille de nos crampons vissés. Bien servi en profondeur par John, son ami d’enfance, il se décala légèrement sur la droite, embarquant avec lui l’intégralité de la défense bleue, et trouva les ressources nécessaires pour achever l’équipe ESIEE (79ème). Il laissa alors transparaitre une joie aussi forte que celle son dépucelage.
4-0, les joueurs blancs avaient déjà remplis leur contrat. Un dernier slalom (81ème) et un dernier coup franc direct (86ème) d’Antoine manquèrent de rendre la note encore plus salée pour les hommes de l’ESIEE. Puis l’arbitre porta à ses lèvres son sifflet pour souffler très très très fort dedans. Fin du match ! Immédiatement après, Nico se rua sur l’arbitre, son nouveau pote qui lui a quand même mis deux cartons jaunes en deux matchs (71ème ici), pour lui offrir une bonne grosse pinte à la buvette. Jules était lui déjà aux toilettes en train de vomir ses trois litres d’eau de la mi-temps. Mais que faut-il lui donner à boire à ce garçon ?!
Bref, ce jeudi là, la colombe a vaincu le renard. Peut-être encore un peu justes pour la D1 étudiante, les ESIEE rentrent chez eux brocouilles, pas un seul but de marqué. C’est que Lawrence veillait. Ils auront pris cette après-midi là une belle leçon de football, qui j’espère leur sera utile pour la suite de la saison. Enfin Jean-Mi a esquissé un léger sourire qui en dit long. Le maître est satisfait de ses élèves. Puis il a essayé de leur dire un mot mais personne ne l’a entendu car l’EFC dansait déjà… « Attention jeunes E1 inexpérimentés, la vie n’est pas un long fleuve tranquille. La course au titre de Champions de France est plutôt une Grande Vadrouille, vous devrez prendre l’aile ET la cuisse mes Corniauds… Et même si Rabbi Jacob essaie de vous jouer des tours, gardez l’intelligence de Fantomas sans être Avare de travail et mangez de la Soupe aux choux car les Gendarmes de Saint Tropez rodent… ».
On vient, on gagne et on s’en va ! L’EFC a une nouvelle fois respecté le bon vieil adage du Stade Toulousain. Vainqueur à chaque fois à l’exterieur, L’ESSEC sait aussi recevoir. Tout le groupe dort déjà sur ses deux oreilles et rêve sereinement au match de jeudi contre Dauphine. Impatients et prêts pour l’affront, nous serons au rendez-vous. La volonté nous l’avons, le chemin nous le créerons.
Antoine R



